Dieu que les temps peuvent être durs parfois! Que d'injustices autour de la planète, de cris contenus, d'enfants mutilés, de guerres inutiles. Combien d'utopies sont nécessaires pour achever le monde par les idéaux construits par les hommes et qui finissent par les dévorer. Toutes ces bougies d'âmes éparpillées aux fenêtres des sacrifiés, ces instants sordides où nous passons près des autres sans même les regarder... Et un matin comme un autre... Ils ne sont plus là.
Combien de temps faut-il à l'homme pour se bâtir une foi ? Combien de douleurs doit-il endurer pour la perdre ou la sublimer ? Un grain d'atome s'en est allé dans l'univers insondable... Il croyait en la vie, la Tienne, celle que Tu donnes et qu'il nous faut respecter... Cette minuscule parcelle de ta création n'a été que louange à Ton nom et à ta lumière. Une vie consacrée à ses enfants et à Ta gloire, celle qui se bâtit dans l'éducation la plus noble et dans la culture la plus riche. Ce grain de sable a quitté la terre ferme... Quelques semaines auront suffi!
"A quoi sert à l'homme de croire si cela ne change pas tout pour lui ?" disait une pièce de théâtre que j'ai beaucoup aimé. Et bien ça a tout changé pour cette molécule de Ta création. Inlassablement ses bras ont répété le même exercice, ses doigts se sont noués vers Toi. Dans son espérance elle a vu partir son grand Frère, mon parrain, et la construction familiale de sa vie. Inlassablement elle a poursuivi son chemin vers le Ciel, gardant en son cœur chacune des blessures que les hommes lui faisaient. De sa profonde Corrèze elle bâtissait un Empire où chacun aimait se réfugier. rayonnante de joie, de sport et de vie, elle riait de tout et gardait sa gravité pour sa solitude austère. Boulimique d'activité et de volonté, c'est toutes ses armées qui se mettaient en marche quand le signal sonnait pour une demi-journée d'activités. Et elles étaient nombreuses! Que Lord Baden Powell t'accueille tant son service aura mobilisé ta force et ton amour!
Le grain d'atome a quitté notre terre quand on l'attendait pas. Voici que la grève est triste et que ses lampions semblent de pacotille. En scrutant l'horizon, dont les navires chargés passent inconsciemment, je me dis que l'histoire n'aura rien épargné à ceux qui t'aiment et qui te savent heureuse. Un jour je te raconterai l'histoire inaccessible de mes plus grands tourments. Il y aura sans doute Elie et Moïse et Jesus en leur centre... Et nous deviserons sur ce qui nous fit rire: les profs et leurs excès, les directions futiles, et quelques expressions qui te faisaient bien rire quand je les imageais... Comment garder espoir quand tu t'en vas si loin...? Ma peine est silencieuse et mes doutes sans relâche viennent me rappeler ton voyage impromptu. Faut-il donc être cruel pour ainsi t'enlever à nos yeux quand tes parents encore demeurent sur cette rive!!






